Il ne m'a fallu qu'une minuscule pour me rendre compte que tu n'étais plus là. Une minuscule seconde qui m'a pourtant paru une éternité. Combien de fois ais-je essuyé tes larmes, croyant pour toi, pour moi, croyant pour deux que l'avenir était tout tracé. Pourtant ils ont eu raison de nous. Par leurs paroles, par leurs attitudes, par leur mépris, leur objection. Mais on s'en foutait tellement. Nos seuls échapattoirs étaient nos instants de bonheur. Marcher main dans la main, courant dans les champs sous le soleil tapant. S'allonger dans l'herbe et regarder le étoiles briller. Briller autant que tes yeux. Tu étais si magnifique. Loin d'eux, qu'est ce qu'on était bien. Ma vie t'apparenait, mon tout t'était destiné, jusqu'à mon âme. J'avais posé mon coeur à tes pieds. La peur s'envolait avec ton souffle. Le froid de mon être disparaissait sous tes doigts. Epanouie, radieuse, le bonheur se déroulait devant moi, m'obligeant à l'écraser. J'avancais le plus doucement possible, évitant à tout prix de le briser. Chaque pas était un effort. Une douleur. Dès ton regard loin du mien, tes mains séparées des miennes, ta bouche quittant la mienne, j'étais prise d'une panique effroyable. J'avais si peur. Si mal. J'étais devenue accro. Même les drogues ne me faisaient pas cet effet. La douleur s'emparait de moi, jusqu'à me tordre tellement ça faisait mal. Des heures , des nuits entières de mal être alors que tout allait pourtant si bien... Dis moi pourquoi. Pourquoi chaque minute loin de toi était un combat permanent. Pourquoi je ne désirais rien, pourquoi je sombrais alors que tu étais là. Malgré tes erreurs, malgré les miennes, tout finissait toujours par se recoller... Et surout pourquoi j'ai eu si mal alors que ce n'était rien comparait ce qui m'attendait. Quand tes paroles ont envahi mon crâne. Elles ne l'ont jamais quitté. La vie m'a soudain paru si inutile. Qu'un amas de souffrances, un gris perpétuel. Mes nuits étaient alors animées d'insomnies ou tout au plus de cauchemards sanglants. Les journées atroces à supporter le monde, les rires des autres, leur bonheur. Ma chance était passée. La roue avait tourné. Une solution bien plus simple s'offrit a moi. Tout abandonner. Quelques secondes j'y ai cru. J'ai osé y croire. Que la vie n'avait plus de sens sans ton être à mes côtés. Et puis. Ma souffrance s'arrêterait là, définitivement. Tu ne serais plus qu'un souvenir misérable, un passé rejeté. J'ai cru que voir mon sang couler serait une issue envible. Puisque le temps ne faisait qu'ouvrir la cicatrice. Que la plus anondine chose me rappellait sans cesse une parcelle de toi. J'ai crains de devoir endurer des années invivables. A penser, ressasser. J'ai abandonné la premiere solution car n'était qu'une lâche, je n'y serais pas parvenue. Et échouer m'aurait été insoutenable. Et par respect pour celle qui m'a tant de fois tenue la main quand je pleurais dans ses bras. J'ai décidé d'oublier. De m'y efforcer. Aussi dur le défi soit il. Je me suis créé un personnage, superficiel et insensible. Un masque sur mesure. Je me suis programmée pour le paraître. Pour le rendu. Plus une larme n'a frolé mon visage hors de mon lit. J'étais devenue une marionnette, controlant chacune de mes émotions. Dissimulant toute désillusion derriere un sourire radieux, derriere un rire paressant si réel. J'avais réussi. Tout le monde y a cru. Même toi. Tu croyais à mes paroles, tu croyais à mes mensonges, tu croyais en la nouvelle personne que j'étais devenue. Même moi j'y ai cru. Et puis. Seule je savais qui j'étais vraiment; seule je me rendais compte à quelle point être sensible et aimante à ce point était invivable. Alors j'ai continué à jouer mon rôle, passant les jours et les mois, et rien n'a changé. J'ai toujours mal. Je me fais mal volontairement en autorisant les vieux démons à venir me hanter. Puisque ces souvenirs si doux me détruisent. Je n'y arrive plus. Alors je m'incline devant mon Destin. Je préfère tout le mal que tu me procures à un rien. Quelque soit la fin. Il ne m'a fallut qu'une infine seconde pour réaliser ton absence. Pourtant cette seconde dure encore. Depuis des mois. Aujourd'hui le masque me colle encore à la peau. Impossible de l'enlever. Je suis désolée.